Le Big Data, quand le XXL est fashion

Le Big Data, quand le XXL est fashion

Le concept du Big Data est revenu assez souvent sur ma TimeLine, que ce soit sur Linkedin ou ailleurs. Il est défendu par les professionnels comme étant la prochaine étape de la transition numérique au Maroc. Cela n’a pas manqué de m’amuser. Je rédige ce post car, en matière de, allez appelons-là informatique, il n’est pas possible de passer du troc au bitcoin sans utiliser, chemin faisant, la sesterce, le dirham et le dollar. Pour arriver au Big Data, il faut bien en avoir de la Data …

Petite explication sur ce qu’est le Big Data. Oui, vous vous en doutez bien que c’est beaucoup de données, mais ce que ne dit pas le nom c’est que ces données sont traitées pour générer des données moins Big, plus synthétiques et surtout plus pertinentes. Les outils de traitement du Big Data sont, de ce fait, la véritable technologie.
Pour prendre la mesure du Big Data, imaginez les milliers de capteurs météorologiques disséminés dans le monde qui fournissent à chaque instant plusieurs millions d’octet qu’il faut analyser pour connaître le déplacement d’une masse d’air et prévoir les zones à risque d’un cyclone.
La technologie du Big Data n’est pas une nouveauté. Elle existe depuis quelques décennies dans les laboratoires de recherche, dans les centres météorologiques, dans certaines banques et établissements financiers … Mais, comme souvent, c’est le marketing qui lui a permis de se démocratiser pour le grand public et les entreprises qui n’avaient pas nécessairement ce besoin au départ. Dans le monde, les grands groupes qui brassaient plusieurs millions de transactions ont utilisé le Big Data pour consolider les informations qui venaient des différentes filiales par exemple.

Venons-en à notre cher pays. Nos entreprises sont-elles prêtes pour le Big Data ? Si oui, pour quel objectif ?
Pour faire du Big Data, il faut bien du Data, assez de data pour rendre obsolète les systèmes traditionnels de gestion de base de données. Or nos entreprises, pour les plus équipées d’entre elles, ne génèrent pas autant de données. Que pourraient-elles générer d’autre que des écritures comptables, des enregistrements sur les ventes et les achats, des transactions de stocks … rien qu’un ERP standard ne peut gérer, traiter, synthétiser et restituer. Certaines entreprises sortent du lot, et la plupart opèrent dans le secteur financier. La gestion du risque par exemple utilisent des algorithmes et des données que le Big Data peut exécuter et traiter plus confortablement qu’un système traditionnel.
La problématique, aujourd’hui, au Maroc est de démocratiser l’accès aux outils informatiques. Une initiative a été prise par l’Etat pour permettre aux PME de s’équiper à travers des subventions de l’ANPME (Maroc PME). Cette action a permis de réaliser une avancée considérable malgré les travers que l’on finit toujours par trouver lorsqu’on lance une action aussi franche; entre les fraudes à l’investissement, les retards des paiements des subventions, le trafic d’influence et j’en passe … Je reste, cependant, convaincu que les entreprises devront se décider à prendre le virage de l’informatisation en considérant ce chantier comme un investissement au même titre que l’équipement, les locaux et la communication. Beaucoup en sont conscientes mais retardent pour différentes raisons, le financement, la compétence, l’offre ou, mon préféré, la capacité de l’entreprise à tourner sans … pour le moment, répliquai-je …

Alors Big Data ou pas ? Commençons par le petit Data, alimentons-le, soignons-le, utilisons-en les avantages jusqu’à ce que nos objectifs ne s’en contentent plus … ce jour-là le Big Data s’imposera tout seul, il ne s’appellera peut-être plus Big Data car le terme sera passé de mode (imaginons dans 3 ou 4 ans) mais la logique de la technologie restera vivante …

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