Digitalisation de l’entreprise Marocaine .. au-delà du Marketing

Digitalisation de l’entreprise Marocaine .. au-delà du Marketing

La digitalisation, l’informatisation ou encore la numérisation de l’entreprise sont autant d’appellations d’un même sujet devenu incontournable ces dernières années. Au Maroc, les débat vont bon train pour expliquer ce que cache le concept, recommander ce que les entreprises devraient faire et conseiller à celles d’entre elles qui ont franchi le pas les meilleures stratégies.
Lorsqu’on parle de digitalisation dans les salons, les conférences et autres rencontres professionnelles c’est pour parler de marketing digital, de réseaux sociaux et de présence web. Cette approche m’a toujours interpellé et j’ai souvent posé la question sur la justesse de réduire la digitalisation au seul marketing via les nouveaux canaux de communication. On m’a toujours répondu d’un geste vague de la main qu’en effet, il y a bien d’autres composants de la digitalisation, des composants comme le BI, le Cloud et tous ces autres petits bidouillages que font les techies (ou les techos selon les régions). Je rédige ce post en réaction à un court échange sur les réseaux sociaux sur ce sujet.

Premier constat, ne parle de digitalisation que les marketteurs ! Et oui, ce sont les ingénieux marketteurs qui se sont emparés de ce sujet les premiers, qui l’ont associé à leur métier et qui l’ont … justement marketté tellement bien qu’ il est aujourd’hui impossible de dissocier digitalisation et marketing sans écorcher et s’écorcher. Il subsiste bien entendu des exceptions mais force est de constater que le marketing porté par le digital a plus de portée que le digital lui-même …

La digitalisation est l’impact sur les entreprises et les organisations du fait que les gens et les objets soient inter-connectés en permanence, en tout lieu et pour tous les usages.

Digitalisation : une définition

Pour définir la digitalisation de l’entreprise, il faut regarder au travers du prisme de l’entreprise. L’entreprise est à la recherche permanente de performance. La performance passe par une collaboration entre les hommes et les femmes de l’entreprise, une maîtrise des processus de création de valeur, une écoute attentive des attentes du marché et par une veille efficace sur les changements et les évolutions des pratiques et des technologies.
La digitalisation dans sa dimension marketing ne couvre qu’un pilier de la performance. Il s’accapare cependant la majorité de l’espace de communication et une bonne partie des investissements des entreprises désireuses de se “digitaliser”.

La collaboration entre les ressources humaines de l’entreprise a pris de l’ampleur avec l’avènement des réseaux sociaux. Le concept de réseau social d’entreprise a fait son chemin pour aujourd’hui trouver sa place chez les grands groupes multinationaux. Il est cependant erroné de croire que seuls les réseaux sociaux favorisent la collaboration. Des outils de type ERP ont été les premiers – et sont d’ailleurs toujours incontournables – à construire la notion de collaboration en intégrant l’ensemble des métiers de l’entreprise dans un seul amalgame informatique permettant aux employés d’interagir et de créer des synergies.

Pour ce qui est de la maîtrise des processus de création de valeur, dès les premiers prémices de l’informatique, des applications se sont attelées à circonscrire des métiers, d’établir des procédures et de contrôler des flux pour uniformiser le fonctionnement de l’entreprise et, pour ainsi dire, construire un blueprint suivant lequel toute activité ou tâche sera réalisée. Les applications Best-Of-Breed se sont spécialisées sur des métiers et des périmètres spécifiques là où les ERP ont couvert un plus large spectre.
Depuis que la fonction informatique est considéré, et à juste titre, comme processus de création de valeur, il a fallu trouver les meilleures approches pour en améliorer la performance. Le Cloud Computing, par exemple, découle de cette réflexion.

Le marketing digital et les outils qui gravitent autour – typiquement le CRM – sont venus pour aider à collecter l’information sur les besoins que l’entreprise devra satisfaire et à les analyser pour mettre ses produits en adéquation. Le top départ de la digitalisation appliquée au marketing a été donné avec la communication digitale; au lieu de poser son affiche sur une façade, on l’insère dans un site. Mais on s’est bien vite rendu compte que les outils pouvaient aller plus loin, beaucoup plus loin. On le note chaque jour avec les publicités ciblées, l’interaction en temps réel avec les prospects et surtout, à mon avis, la possibilité de profiler chaque individu selon ses habitudes et ses attentes.

Enfin, il reste le parent pauvre de la digitalisation. La veille sous tous ses aspects technologique, juridique, environnemental, légal et que sais-je encore. La principale difficulté pour appliquer la digitalisation à ce pilier est que seule l’intelligence humaine est capable d’analyser des informations et de prendre des décisions ou, du moins, de proposer des orientations. Aujourd’hui, des technologies comme les Machine Learning commencent à faire poindre un tout autre futur.

Précisons que tous ces outils et technologies ne sauraient exister sans une infrastructure robuste, sécurisée et correctement administrée.

Pour conclure, appliquée au marketing ou à un autre domaine, la digitalisation devient une nécessité pour l’entreprise moderne. Les entreprises marocaines sont, contrairement à ce qu’on peut croire, conscientes de l’importance de prendre ce virage technologique pour leur performance voire même pour leur survie. La contrainte, pour elles, est de trouver les outils adaptés à leur taille, à leur métier et à leur philosophie business.

Laissez un commentaire